mardi 22 septembre 2009

Rhodes II

de longues heures d'attente...














la courette


le sac


la cellule




j ai enfin trouve des livres en francais




samedi 4 juillet 2009

Coup de lune a Rhodes

Vagabonder sous différents cieux sans se soucier des contingentes divisions du monde aide a se sentir partout chez soi - c'est un sentiment qui se dilate, se décentre, jusqu'a ce que le "chez soi" se confonde tout a fait avec l'ici et le maintenant. Mais il y a des lieux ou l'on se sent mieux que d'autres. Arriver a Rhodes est un soulagement après les villes modernes et hideuses de la cote turque. L'imagination peut a nouveau accompagner les pas du promeneur, avant de se faire ramollir par le soleil, et de ressentir l'envie irrésistible de se rendormir. S'endormir sur un vieux banc d'une petite place ombrée par un oranger et un vieux mur branlant, isolé et majestueux.


On voit des ombres passer dans les ruelles que d'autres ne voient pas. Des chiffres (-408, -167, 1522, 1912) que d'autres n'ont que faire. On se laisse fasciner par l'apparition de pierres sous un nom, Rhodes, virtuellement si familier et pourtant si lointain il y a encore peu. Rien a beaucoup changé depuis la fin du Moyen Age. L'absence de voiture aide a s'imaginer du temps ou les chevaliers de St Jean vivaient sur l'ile, avant d'en etre expulsés a littéralement 1 contre 100 par les armées de Soliman le Magnifique et d'etre forcés de migrer vers l'ile de Malte.
Meme l'éclairage nocturne, faible et parsemé, préserve cette atmosphère mediévale : des zones ou de belles pierres sont eclairées contrastent avec des zones, plus reculées, s'enfoncant vers l'obscur, vers des profondeurs horizontales et verticales (il est difficile de soupconner ce qui git sous une telle ville ou se cachent d'autres villes successivement recouvertes au fil des siècles).

Vivent sans nulle doute des fantomes et des spectres dans ces ouvertures béantes sur d'autres moments du temps. J'y ai rencontré des chevaliers en armes pret a se ruer sur des hordes d'infidèles - les memes que j'avais rencontré a Birgu en face de Valletta. J'y ai vu un vieux juif en haillons qui, monté sur un ane et transportant, sans que personne ne le sache, des monceaux de pierres précieuses, s'en allait pour un tour de la péninsule arabique sur la trace de ses compatriotes errants. J'y ai croisé un lord bohémien que je connais bien. L'ombre d'une longue pipe déambulant sur les murs et qui disparaissait avant que je puisse l'atteindre. Des bruits aussi. Des bruits de voiles. Des miaulements de chats qui ne cessent de nous fixer de leurs grands yeux du haut des murs sur lesquels brille la Lune coupée en deux par l'ombre de la Terre. Le bras soudainement attrapé par une Portugaise exilée - sursaut. Des odeurs et des gouts nouveaux. Au fond d'un de ces jardins urbains et sauvages (quelque fois ces deux adjectifs ne s'opposent plus), que la vieille ville dissimule jalousement derrière chacun de ces murs, j'ai mangé pour la premiere fois de la pieuvre et d'un légume dont le nom m'est inconnu en francais. Cela sur une très vieille table en bois couverte de tomates, de feta, de tatziki, de langoustines, de poissons pechés par notre hote et qu'on mange ici, naturellement, avec les mains, de bières, de vins et d'ouzo (un mélange qu'on regrette vraiment le lendemain).


Cette petite ville de quelques milliers d'ames, qui est plus un village d'un autre age coincé au milieu d'une ville aux allures plus modernes, a sans doute retrouvé son cosmopolitisme d'antan. Petite communauté fermée ou tout le monde se connait (la derniere affaire locale est celle d'un jongleur qui s'est fait expulsé d'une place par la police, la rumeur se portant sur le tenancier d'un bar mal-aimé), mais en meme temps très internationale, très européenne.


Ce soir la, lorsque nous sommes arrivés dans ce jardin fantomatique (a moins que ce soit mon état qui l'était déja), d'ou parvenait des sons chauds et dansant des Balkans, étaient attablés un Suisse de Neuchatel, un plongeur grec et Pedro, moitié patagon moitié gallois, ayant parcouru la planète dans sa jeunesse et affligé de quelques secrètes afflictions. La longère, une ancienne écurie du XIVe siècle, qu'éclairaient respectueusement toutes les bougies de la tablée, est divisée en deux : d'un coté, durant l'été, vit le plongleur, de l'autre Pedro. Lorsqu'on entre a l'interieur, on se retrouve sous une voute blanche au fond de laquelle est accrochée une magnifique carte du monde et a gauche une énorme mappemonde répresentant le monde de l'imaginaire médieval. Je ne peux m'empecher de mettre mon doigt sur ma position et de realiser avec excitation et effroi le chemin qu'il me reste a faire – l'effroi est a la mesure de l'excitation : il s'agit de l'effroi de ne pas avoir pas assez de fond pour arriver jusqu'au bout... ce qui serait bien l'unique tragique événement qui puisse aujourd'hui m'arriver. L'unique fatum qui me poursuit. Ennemi redoutable du Hasard, pour lequel je vis comme d'autres vivent pour la bourse.

Plus tard dans la soirée, alors que plusieurs Grecs et une Espagnole nous avaient rejoints, un gars s'est presenté, demandant une certaine Daisy. L'Espagnole et mon hote (qui ressemble a Chavela Vargas et qui a toute la gaieté d'une personne triste) lui ont expliqué qu'elle ne vivait plus ici depuis 4 ou 5 ans. Le pauvre homme avait l'air tout desemparé, pressé, inquiet. Il n'arretait pas de demander si on savait ou elle était. Il parvint a refuser les dix-huit ouzos que tout le monde s'est empressé de lui offrir, lui tendant des sieges, des assiettes pleines de bonnes choses. Il declinait tout poliment, revenait a son sujet, puis finalement s'enfuit dans la nuit.



Ces étranges visions ont continué a se meler et a hanter le reste de la nuit, du jour et de la nuit suivant. Ce genre de lieu magique et sournois sont a redouter quand on a de la route a faire. J'embarque cette nuit pour la Crète.




















dimanche 28 juin 2009

from Istanbul to Çeşme




port de Sarkoy, cote nord de la mer de Marmara

lundi 15 juin 2009

End of Lord Byron's Grand Tour

But wandering on through distant climes,
He learnt to bear his loud of grief;
Just gave a sight to other times,
And found in busier scenes relief



To a Lady. On being asked my reason for quitting England in the spring.






And oft I thought at Cinthia’s moon,
When sailing o’ver the Aegean wave,
“Now Thyrza gazes on that moon” –
Alas, it gleam’d upon her grave!



One struggle more, and I am free




If thou regrett’st thy youth, why live ?
The land of honourable death
Is here: –up to the field, and give
Away thy breath!



On this days I complete my thirthy-sixth year












vendredi 12 juin 2009

De l'Egee a la Propontide









vue sur Khios depuis le port d'Oinoussa




Lesbos





lundi 1 juin 2009

Αθήνα















vestige de la derniere guerre civile ?









Chaos et Harmonie












jeudi 7 mai 2009

apercu historique et géographique de la plus occidentale ile de Grèce

la ville de Corfou est entouree de deux forteresses construites par les Venitiens, la "vieille" dans le fond, la "nouvelle" a droite


“Nous habitons une ile écartée, que battent les flots de la mer, aux extremités du monde ; et nul autre peuple n’a de relation avec nous”... Voilà à quoi pouvait ressembler Corfou il y 3000 ans… si l’on admet, comme la tradition en a pris l’habitude, que Schérie, ainsi décrite par Nausicaa, fille du roi des Phéaciens, rencontrant Ulysse qui venait d’y faire naufrage, est bien Corfou.
Plusieurs choses expliquent l’histoire et l’identité particulières de l’ile : sa position géographique (stratégiquement située au temps des guerres de Rome contre la Macédoine, des guerres entre Normands et Byzantins, des guerres entre Venise et l’Empire ottoman [comme Malte, Corfou a joué pendant des siècles le role de bastion avancé de l’Europe chrétienne en Méditerranée : les armées du sultan se sont cassés les dents à plusieurs reprises, en 1537, 1571 et encore en 1716, sur les murs de sa forteresse], ou encore au temps des guerres napoléoniennes entre Francais, Russes, Turques et Britanniques), ses forêts (qui expliquent que dès le Ve s. av. JC, grâce à sa flotte, Corcyre, cette autre glorieuse colonie de Corinthe – comme Syracuse –, était l’une des plus puissantes cités grecques de Méditerranée et que les Romains aient fait de l’ile pendant un temps la base arrière de leurs operations orientales), la richesse de son sol (il y a peu de temps encore, avant l’arrivée soudaine et massive des touristes ouest-européens à partir de la fin des années 1960, la majeure partie des Corfiotes vivaient de la culture des millions d’oliviers qui recouvrent l’ile ; et les subventions de l’UE ont motivé aujourd’hui nombre d’entre eux à s’en reoccuper pendant la basse saison touritistique). Jusqu’au XIXe siècle, la chronologie de l’histoire de l’ile ne correspond que par soubresauts à celle de la Grèce continentale et égéenne : jamais occupée par les Ottomans, vénitienne jusqu’à la conquête de l’ile par Napoléon en 1797 (départementalisée après le traité de Campo-Formio), indépendante pendant une courte période au sein de la République des Sept-Iles, à nouveau française, administrée par la Couronne britannique après 1814, avant d'etre finalement intégrée au Royaume de Grèce en 1864.





A l’image de sa végétation verdoyante qui la distingue des autres iles grecques (et même des autres iles ioniennes), Corfou se distingue, as far as I heard and noticed, par une population très diverse. Tout aussi dénué d’idées préconcues sur l’ile que je ne l’étais en arrivant à Malte, la première chose qui a frappé mon regard ingénu découvrant nouvellement et accidentellement ces iles méditerranéennes, c’est la diversité des gens qui vivent ici. Tout juste débarqué et venant d’Italie ou, pas plus qu’en France, personne ne daigne prononcer un mot d’anglais, je me pointe dans le premier bar et demande bêtement “do you speak English ?”. On me répond avec léger sourire sardonique “yes of course”, la barmaid venait de Nouvelle-Zélande… J’ai vite compris que la plupart des gens autour de moi parlait un anglais incomparablement meilleur que le mien et ai donc bizarrement tout de suite cessé de me considérer comme l’étranger du coin, que, même à Syracuse où j’étais pourtant évidemment loin d’être le seul, j’avais pris l’habitude d’être –disons qu’en Italie j’avais tout de suite abandonné l’idée de chercher à discuter avec qui que ce soit. J’ai d’abord pensé que la marina de Gouvia où j’ai vécu pendant une semaine et le village qui la jouxte, Kontokali, étaient un peu particuliers : bourrés d’Allemands, d’Hollandais, d’Australiens… si bien que dans les bars du village où les mariniers s’enfilent des pintes c’est plus de l’anglais (très loin de celui, infiniment plus délicat, que mes oreilles avaient pris l’habitude d’entendre à bord du Vasco) qu’on entend brailler (quoiqu’il suffit souvent de traverser la rue pour trouver une atmosphère plus locale) ; mais j'ai appris depuis qu'il en est plus ou moins de meme pour toute l'ile .

Sur environ 110 000 habitants que comptait l’ile au dernier recensement (pour une superficie de 600km2, soit deux fois celle de Malte pour une population 4 fois moindre), un grand nombre sont d’origine britannique, allemande, hollandaise… généralement concentrés par region (ainsi, le nord est de l’ile par exemple est principalement british…).

Comme de nombreuses iles (comme Malte), dont l’espace cultivable est limité, Corfou a connu d’importantes migrations, notamment vers l’Australie et les Etats-Unis. Autre chose plus originale sans doute qui a contribué à cette diversification démographique (car finalement la plupart des regions d’Europe, en particulier cotières, ont connu d’importantes migrations vers le Nouveau Monde –c’est essentiellement en France qu’on a pris l’habitude de négliger sinon de nier ce phénomène qui s’accordait mal avec la conception républicaine de la nation), du moins si j’en crois toujours tout ce que m’a raconté mon hote qui a vécu cette période, est l’impact du tourisme, en particulier britannique, à partir de la fin des années 60 et durant les années 1970 (des vols estivaux directs Londres-Corfou dès cette époque). Apparemment un phénomène de masse s’est mis en place : les jeunes corfiotes, frustrés par l’impossibilité de batifoler avec la gente feminine de l’ile au risque de se voir forcés à se marier, ont trouvé un formidable free market avec les petites anglaises qui débarquaient par milliers pendant l’été. Il faudrait quantifier le phénomène qui a vraisemblablement tourné au mythe dans la mémoire collective, mais il semble que pendant des années les jeunes de l’ile aient pris l’habitude de repérer une migonne petite anglaise dès son arrivée à l’aéroport, de la suivre, de charmer cette frêle et innocente créature fraichement extraite de son austère et pieuse boarding school, d’enchainer avec une autre, jusqu’au jour où l’idylle estivale débouche sur un mariage et une progéniture (à moins que ce soit l’inverse) –mariage souvent deçu lorsque le soleil et la plage ne suffisent plus a pallier les obstacles de la langue. Ce qui peut tenir du mythe tient aussi de la réalité puisqu’en quelques jours j’ai rencontré ou entendu parler plus d’une fois de personnes nées d’un couple mixte –ce qui a pu leur permettre plus facilement d’aller étudier en Angleterre, contribuant au haut niveau d’éducation des habitants de l’ile.
Ce qui vient d’ailleurs renforcer un heritage bien établi : les Français avaient fondé à Corfou une académie ionienne, première institution académique de Grèce, dont l’université ionienne, ouverte en 1985, est une héritère ; influence vénitienne oblige, le public corfiote, formé notamment grâce au fameux opéra de la ville (pilonné pendant la Seconde guerre), lui aussi premier de Grèce, était considéré comme un public de référence au XIXe siècle –le fin du fin pour une pièce de théatre ou un opéra était d’être “Applaudito a Corfù”.




lundi 20 avril 2009

the graveyard watch






On a fait les 280 milles entre Syracuse et Corfou en deux étapes –avec une escale d’une nuit dans une petite ville de Calabre, Le Castella. Il s’agit toujours de ménager les humeurs de Poséidon, très susceptible en cette période de l’année. Heureusement, les previsions météo permettent aujourd’hui de suivre impunèment les pérégrinations du frère de Zeus et d’éviter, à moins qu’il ne parvienne à déjouer ces previsions électroniques et que les affres ulyséens redeviennent soudainement une réalité pour le navigateur insouciant, ses caprices ou sa furie. Mon capitaine est là pour veiller au grain, il ne dort que très peu ; tandis que je reste toujours despérement en proie aux maléfices de Sommeil, frère de Trépas (cela dit, Gillian est encore pire que moi ! si on devait faire une moyenne je pense que j’atteindrai les 10h contre 12 pour elle, et 4 ou 5 pour Ian). Cet handicap de tous les jours, qui fait que je vis un quart de fois moins que la plupart des gens (à moins que ce ne soit là encore une idée d’impérialiste de la veille sur le sommeil et qu’il faille cesser une bonne fois pour toute de négliger l’art de prolonger indéfiniment l’état hypnagogique qui les unie), est, en l’occurence, aggravé de manière ensorcelante et écrasante par le remue-ménage du bateau, le bruit des flots contre la coque, le grincement inquiétant du bois ou les gémissements érotiques des drisses et des écoutes. Mais il arrive aussi que ce qui se passe dans la réalité – ou dans cette autre réalité que nous vivons éveillé – soit infiniment plus palpitant que le rêve. Celle que je vis ces dernières semaines est de celle-ci, et quand Ian me réveille à 3h du matin pour mon quart de nuit, the graveyard watch, c’est avec souplesse que je m’échappe de la douce étreinte de Sommeil. Je passe alors trois heures en compagnie du seul souffle doux et puissant de Zéphyr et de quelques hirondelles épuisées qui profitent de notre embarcation comme escale bienvenue au cours de leur long périple intercontinental de printemps. La mer ionienne, et même le Détroit de Messine ou le Canal d’Otrante, étaient étonnament vides quand nous les avons traversés de nuit ; durant mes 12h de quart (4 fois 3h), je n’ai pu apercevoir qu’une poignée de cargos, de voiliers ou de bateaux de pêche. C’est donc avec l’esprit libre que, sous mon bonnet de laine, en mangeant les fantastiques pates de Gillian ou des kinders bueno, je savourais ce délicieux sentiment de glisser le long de la surface terrestre en direction du Levant. Traverser une à une les longitudes, voir defiler en temps reel sur le GPS les minutes et les secondes qui quadrillent l’espace terrestre, procure cette sensation unique de déplacement après laquelle on court sans fin en voyage. Et peut-être est-ce l’unique et simple raison d’un voyage – autant dire qu’il ne peut en avoir, que le vrai voyage se passe de toute justification – c’est à dire saisir la vraie taille du monde, circonscrire dans toutes ses dimensions cet insolite habitacle. Mes heures de watching – 18-21h et 3-6h – m’ont permis deux fois de suite d’assister au pompeux coucher d’Hélios et de surprendre Aurore, sanglotant, se vêtir de sa robe de safran. Un matin, quelques dizaines de minutes après la fin de mon quart, ma lutte contre Sommeil a été recompensée. Le GPS indiquait que nous n’étions plus qu’à quelques milles de Corfou, et je me suis persudé qu’il y a des moments ou dormir peut etre une catastrophe. Et, en effet, découvrir dans un matin embrumé de soleil les petites iles d’Othonoi (l’ancienne Thoronius), de Mathraki (l’ancienne Malthace) et d’Erikoussa (Marathe), puis finalement Corfou elle-même et les hauts sommets enneigés de la cote albanaise, est un spectacle que je ne risque pas d’oublier. Il nous a fallu encore trois longues heures de navigation au milieu de ce paysage homèrique pour contourner Corfou par le nord et arriver à la gigantesque marina de Gouvia, quelques kilometres au nord de Corfu Town.

jeudi 9 avril 2009

mercredi 1 avril 2009

back to Valletta : black & white session

St John's Co-Cathedral









sailing to Gozo

sortie du port de Marsamxett, La Valette a gauche










Mgarr









Mosta

les eglises maltaises ont toujours deux horloges, une seule est a l'heure (du moins theoriquement, c'est tres dur de trouver une pendule a l'heure a Malte), l'autre est destinée a tromper le diable

la 3e plus grande coupole du monde apres St Pierre de Rome et (?)St Paul de Londres