samedi 16 octobre 2010
mercredi 16 juin 2010
l'Australie en un commentaire
"Que m'importe, après tout, qu'il y ait une autorité toujours sur pied, qui veille à ce que mes plaisirs soient tranquilles, qui vole au-devant de mes pas pour détourner tous les dangers, sans que j'aie même le besoin d'y songer ; si cette autorité, en même temps qu'elle ôte ainsi les moindres épines sur mon passage, est maîtresse absolue de ma liberté et de ma vie ; si elle monopolise le mouvement et l'existence à tel point qu'il faille que tout languisse autour d'elle quand elle languit, que tout dorme quand elle dort, que tout périsse si elle meurt ?" Tocqueville De la democratie en Amerique I, 5
jeudi 18 mars 2010
lundi 1 mars 2010
apercu de l'archipel oriental
The long and narrow peninsula of Malacca, extending south-eastward from the territories of Birmah, forms the most southerly point of all Asia. In a continuous line from that peninsula stretch the long islands of Sumatra, Java, Bally, and Timor; which, with many others, form a vast mole, or rampart, lengthwise connecting Asia with Australia, and dividing the long unbroken Indian ocean from the thickly studded oriental archipelagoes. This rampart is pierced by several sally-ports for the convenience of ships and whales; conspicuous among which are the straits of Sunda and Malacca. By the straits of Sunda, chiefly, vessels bound to China from the west, emerge into the China seas.
Those narrow straits of Sunda divide Sumatra from Java; and standing midway in that vast rampart of islands, buttressed by that bold green promontory, known to seamen as Java Head; they not a little correspond to the central gateway opening into some vast walled empire: and considering the inexhaustible wealth of spices, and silks, and jewels, and gold, and ivory, with which the thousand islands of that oriental sea are enriched, it seems a significant provision of nature, that such treasures, by the very formation of the land, should at least bear the appearance, however ineffectual, of being guarded from the all-grasping western world. The shores of the Straits of Sunda are unsupplied with those domineering fortresses which guard the entrances to the Mediterranean, the Baltic, and the Propontis. Unlike the Danes, these Orientals do not demand the obsequious homage of lowered top-sails from the endless procession of ships before the wind, which for centuries past, by night and by day, have passed between the islands of Sumatra and Java, freighted with the costliest cargoes of the east. But while they freely waive a ceremonial like this, they do by no means renounce their claim to more solid tribute.
Time out of mind the piratical proas of the Malays, lurking among the low shaded coves and islets of Sumatra, have sallied out upon the vessels sailing through the straits, fiercely demanding tribute at the point of their spears. Though by the repeated bloody chastisements they have received at the hands of European cruisers, the audacity of these corsairs has of late been somewhat repressed; yet, even at the present day, we occasionally hear of English and American vessels, which, in those waters, have been remorselessly boarded and pillaged.
Moby Dick, LXXXVII
Those narrow straits of Sunda divide Sumatra from Java; and standing midway in that vast rampart of islands, buttressed by that bold green promontory, known to seamen as Java Head; they not a little correspond to the central gateway opening into some vast walled empire: and considering the inexhaustible wealth of spices, and silks, and jewels, and gold, and ivory, with which the thousand islands of that oriental sea are enriched, it seems a significant provision of nature, that such treasures, by the very formation of the land, should at least bear the appearance, however ineffectual, of being guarded from the all-grasping western world. The shores of the Straits of Sunda are unsupplied with those domineering fortresses which guard the entrances to the Mediterranean, the Baltic, and the Propontis. Unlike the Danes, these Orientals do not demand the obsequious homage of lowered top-sails from the endless procession of ships before the wind, which for centuries past, by night and by day, have passed between the islands of Sumatra and Java, freighted with the costliest cargoes of the east. But while they freely waive a ceremonial like this, they do by no means renounce their claim to more solid tribute.
Time out of mind the piratical proas of the Malays, lurking among the low shaded coves and islets of Sumatra, have sallied out upon the vessels sailing through the straits, fiercely demanding tribute at the point of their spears. Though by the repeated bloody chastisements they have received at the hands of European cruisers, the audacity of these corsairs has of late been somewhat repressed; yet, even at the present day, we occasionally hear of English and American vessels, which, in those waters, have been remorselessly boarded and pillaged.
Moby Dick, LXXXVII
mercredi 25 novembre 2009
Des diables rampants m'ont étonné par instant,
Et d'ineffables vents m'ont aile soudainement.
Certains y verraient la rencontre de chaines de causes, de Toulon et de Sanaa commencées, à Aden fortuitement imbriquées.
D'autres l'action de l'intelligente Providence, subornant insidieusement la position d'Altair a un frauduleux dessein, confondant l'onction d'une Hétaïre avec le jeu d'une Putain.
Je me trouvais dans une sorte d'aporie géographique : de tous les chemins de Sabaa, je me voyais, étranger en danger, refusé le viatique.
Regardons un moment le tragique du dilemme:
Soit abandonner ma route vers l'Aurore
En m'embarquant pour la sombre Cinnamomophore;
Soit, damnant mon âme autant que celle de Madoff,
tricher par les airs pour les rivages noirs du Golfe;
Soit, tel Sir Richard à La Mecque ou Harar,
Me transformer en chafeite, muet et blafard.
Or un prodige heureux m’épargna et le désastre et la plaisante farce.
L’éclaircir nécessité un petit flash-back mythologique : en effet, une branche de l'arbre théogonique a été mystérieusement laisse dans l'oubli. Il s'agit, au vrai, d'un deuxième tronc, que le premier, dans son dépérissement, a soudainement permis de croître.
On se permettra donc une parenthèse érudite :
Comme Chronos, son frere, Hasard n'a pas d'origine.
Or, à celle du puîné, de lui la descendance
S'est souvent mélangée, bien que l'ignore la Science.
Certes, ils sont généralement d'humeurs contraires,
Et se repoussent à leurs extrémités polaires,
Mais, comme le va-et-vient tout puissant de la mer,
Clio partage la couche de leurs deux hémisphères.
Mais ne nous perdons pas trop vite aujourd'hui dans ces scènes de ménages aux détails inédits.
Retenons seulement que :
Des innombrables amours de ce gai vieillard,
Qui aima ensemble les Heures, les Muses et les Graces,
Naquirent à l'insu de son bienveillant regard,
une catin, une fée et un étrange rapace.
De ces compagnes de la nuit, du jour et du matin, disons seulement de la première que c'est une comédienne:
Si sa nature n'est certainement pas maline,
Trop de temps dans la rue et sur scène
Lui a enseigné des manieres et des rimes
Qui ne sont pas vraiment les siennes.
Prisonnière d'une éternelle pantomime,
Elle semble possédée, schizophrène.
C'est avec la complicité de Possible,
Condamné a être inassouvi,
Qu'ils manigancent et distillent de mauvais doutes
Souvent aux alentours de minuit.
Cette naïade frivole et versatile,
Selon l'heure ou l'humeur ou la brise,
Porte le nom de Contingence ou Volatile,
Possibilité ou Indécise.
De la seconde, on ne connait pas grand chose, si ce n'est qu'
Elle surgit au matin comme du néant.
On l'a dit vestale cruelle et pudibonde.
Sa lucidité confine à la folie.
Elle ne se nourrit que de rancunes.
Sa suivante a pour nom Amertume.
Elle se nomme Absurdité.
Mais c'est sur la dernière qu'on doit surtout se pencher pour clore l'exposé de ces quelques fioritures et étayer la chose arrivée :
Elle est d'une innocence absolument charmante.
Bien peu savent apprécier ce subtil dosage
De pudeur et de volatilité.
Il faut savoir l'aimer dans ce retrait volage.
Elle est comme l’irrésistible voisine de palier,
toujours aimable, discrète et insaisissable.
C'est là un de ses charmes inépuisables:
Être une proximité infiniment distante.
De cette légèreté de l'improvisé,
Jaillit la promesse d'une parfaite félicité
Et d'une vie éternellement enchantée.
On peut la voir comme une fée généreuse
Ou bien comme une pallade jeune et heureuse.
On la surnomme de mille façons :
Surprise, Liberté ou Improvisation,
Coïncidence ou Impromptue,
Imprévisible ou Gratuite.
Une autre tradition l'assimile à une figure connue. On retiendra celle-la pour compléter ce tableau et en venir au propos :
Cette amie très coquette, aux caprices sans âge,
Qui du divin Hasard, est comme le badinage,
De sa riante demeure des îles Fortunées,
Veille étourdie mais fidèle à mon sort balancé.
Dans une ruelle du port a une heure avancée,
De la bouche verte et pâteuse d'une ombre édentée,
Cette nymphe reconnue sous le nom de Chloris
M'honora à nouveau de ses doux artifices.
C'est ainsi que :
Des diables rampants m'ont étonné par instant,
Et d'ineffables vents m'ont ailé soudainement.
Et d'ineffables vents m'ont aile soudainement.
Certains y verraient la rencontre de chaines de causes, de Toulon et de Sanaa commencées, à Aden fortuitement imbriquées.
D'autres l'action de l'intelligente Providence, subornant insidieusement la position d'Altair a un frauduleux dessein, confondant l'onction d'une Hétaïre avec le jeu d'une Putain.
Je me trouvais dans une sorte d'aporie géographique : de tous les chemins de Sabaa, je me voyais, étranger en danger, refusé le viatique.
Regardons un moment le tragique du dilemme:
Soit abandonner ma route vers l'Aurore
En m'embarquant pour la sombre Cinnamomophore;
Soit, damnant mon âme autant que celle de Madoff,
tricher par les airs pour les rivages noirs du Golfe;
Soit, tel Sir Richard à La Mecque ou Harar,
Me transformer en chafeite, muet et blafard.
Or un prodige heureux m’épargna et le désastre et la plaisante farce.
L’éclaircir nécessité un petit flash-back mythologique : en effet, une branche de l'arbre théogonique a été mystérieusement laisse dans l'oubli. Il s'agit, au vrai, d'un deuxième tronc, que le premier, dans son dépérissement, a soudainement permis de croître.
On se permettra donc une parenthèse érudite :
Comme Chronos, son frere, Hasard n'a pas d'origine.
Or, à celle du puîné, de lui la descendance
S'est souvent mélangée, bien que l'ignore la Science.
Certes, ils sont généralement d'humeurs contraires,
Et se repoussent à leurs extrémités polaires,
Mais, comme le va-et-vient tout puissant de la mer,
Clio partage la couche de leurs deux hémisphères.
Mais ne nous perdons pas trop vite aujourd'hui dans ces scènes de ménages aux détails inédits.
Retenons seulement que :
Des innombrables amours de ce gai vieillard,
Qui aima ensemble les Heures, les Muses et les Graces,
Naquirent à l'insu de son bienveillant regard,
une catin, une fée et un étrange rapace.
De ces compagnes de la nuit, du jour et du matin, disons seulement de la première que c'est une comédienne:
Si sa nature n'est certainement pas maline,
Trop de temps dans la rue et sur scène
Lui a enseigné des manieres et des rimes
Qui ne sont pas vraiment les siennes.
Prisonnière d'une éternelle pantomime,
Elle semble possédée, schizophrène.
C'est avec la complicité de Possible,
Condamné a être inassouvi,
Qu'ils manigancent et distillent de mauvais doutes
Souvent aux alentours de minuit.
Cette naïade frivole et versatile,
Selon l'heure ou l'humeur ou la brise,
Porte le nom de Contingence ou Volatile,
Possibilité ou Indécise.
De la seconde, on ne connait pas grand chose, si ce n'est qu'
Elle surgit au matin comme du néant.
On l'a dit vestale cruelle et pudibonde.
Sa lucidité confine à la folie.
Elle ne se nourrit que de rancunes.
Sa suivante a pour nom Amertume.
Elle se nomme Absurdité.
Mais c'est sur la dernière qu'on doit surtout se pencher pour clore l'exposé de ces quelques fioritures et étayer la chose arrivée :
Elle est d'une innocence absolument charmante.
Bien peu savent apprécier ce subtil dosage
De pudeur et de volatilité.
Il faut savoir l'aimer dans ce retrait volage.
Elle est comme l’irrésistible voisine de palier,
toujours aimable, discrète et insaisissable.
C'est là un de ses charmes inépuisables:
Être une proximité infiniment distante.
De cette légèreté de l'improvisé,
Jaillit la promesse d'une parfaite félicité
Et d'une vie éternellement enchantée.
On peut la voir comme une fée généreuse
Ou bien comme une pallade jeune et heureuse.
On la surnomme de mille façons :
Surprise, Liberté ou Improvisation,
Coïncidence ou Impromptue,
Imprévisible ou Gratuite.
Une autre tradition l'assimile à une figure connue. On retiendra celle-la pour compléter ce tableau et en venir au propos :
Cette amie très coquette, aux caprices sans âge,
Qui du divin Hasard, est comme le badinage,
De sa riante demeure des îles Fortunées,
Veille étourdie mais fidèle à mon sort balancé.
Dans une ruelle du port a une heure avancée,
De la bouche verte et pâteuse d'une ombre édentée,
Cette nymphe reconnue sous le nom de Chloris
M'honora à nouveau de ses doux artifices.
C'est ainsi que :
Des diables rampants m'ont étonné par instant,
Et d'ineffables vents m'ont ailé soudainement.
mercredi 11 novembre 2009
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